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René Descartes (1596-1650)

 

Discours de la méthode (1637)

 

GF Flammarion, Paris, Flammarion, 2000, pp. 29-30

· Textes

Nous avons tous-tes autant de raison ou de bon sens (faculté de réfléchir et de faire les bons choix) les un-es que les autres. Il est cependant nécessaire d'acquérir une méthode pour bien s'en servir, et devenir ainsi plus libres, plus sages et plus heureux.

Ce n'est pas assez d'avoir l'esprit bon, mais le principal est de l'appliquer bien.

Le bon sens est la chose du monde la mieux partagée : car chacun pense en être si bien pourvu, que ceux même qui sont les plus difficiles à contenter en toute autre chose, n'ont point coutume d'en désirer plus qu'ils n'en ont. En quoi il n'est pas vraisemblable que tous se trompent ; mais plutôt cela témoigne que la puissance de bien juger, et distinguer le vrai d'avec le faux, qui est proprement ce qu'on nomme le bon sens ou la raison, est naturellement égale en tous les hommes ; et ainsi que la diversité de nos opinions ne vient pas de ce que les uns sont plus raisonnables que les autres, mais seulement de ce que nous conduisons nos pensées par diverses voies et ne considérons pas les mêmes choses. Car ce n'est pas assez d'avoir l'esprit bon, mais le principal est de l'appliquer bien. Les plus grandes âmes sont capables des plus grands vices, aussi bien que des plus grandes vertus ; et ceux qui ne marchent que fort lentement, peuvent avancer beaucoup davantage, s'ils suivent toujours le droit chemin, que ne font ceux qui courent, et qui s'en éloignent.

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